Classic Spirit… bienvenue !
Bienvenue sur Classic Spirit, le contenu de cette page va changer dans 45s, pour en savoir plus sur le contenu d’un article, clique sur le titre, bonne visite !
Ça intéresse quelqu'un une Norton ? Ben oui, moi… de là démarre toute une aventure, en voici le récit.
|
![]() |
| C’est l’été, il fait beau, il fait chaud, tout du moins ici, chez vous, c’est normal. Du coup l’actu est plus calme, mais il se passe encore des petites choses tranquilles,. Des épi-phénomènes pour tout vous dire, rien de bien délirant à l’échelle de l’humanité. Pour replacer dans le contexte, l’histoire commence en 2005, un dimanche après midi sur un forum, un de ceux sur lesquels j’ai perdu trop de temps, une perte proportionelle à l‘aversion que j’éprouve aujourd’hui. Ceci dit, je profite pour rendre à César ce qui est à Marius, sans ces inlassables machines à vide sidéral générant un flot continu de conneries sans nom, je serais passé à coté d’une bonne série d’aventures humaines, comme le chercheur d’or les deux pieds dans la vase, pour choper ici et là une pépite. Et ce dimanche de 2005, fallait avoir l’œil et le bon, parce que ça payait pas de mine: Un inscrit poste une question anodine, “Ça intéresserait quelqu’un une Norton ?” |
![]() |
| Comme mon attention n’était pas accaparée par Michel Drucker, ni par un épisode de Walker Texas Ranger, je poste juste derrière, “Oui, moi, ça m’interesse”. Voilà le début d’une aventure qui s’achève, il y a quelques jours, et là, ce dimanche, je ne savais pas du tout, mais alors pas du tout dans quoi je m’engageais. Donc, de cette question à cette réponse, suivront une grosse dizaine de posts qui tous diront comme moi, “oui moi aussi je suis intéressé”, mais trop tard, le fait que je sois le premier à avoir réagi va engager moralement l’auteur de la question, et d’engagement moral, il en sera question tout du long à partir de là. Il faut maintenant prendre contact en vrai, se parler au téléphone ; de quoi s’agit-il ? quel modèle ? dans quel état ? des papiers ou pas ? et quel est le montant demandé pour la transaction ? |
![]() |
| Nous parlons donc au téléphone, nous franchissons cette ligne étrange entre le virtuel d’un forum et le réel de ceux qui le peuplent. Alors, il s’agit d’une Norton de 1968, un modèle 750, mais pas une commando, une Atlas, virtuellement la dernière de la lignée des dominator, un cadre encore dit “featherbed” (une jolie vue de l’esprit, personnellement je ne dormirais pas là dessus), un moteur de la même cylindrée que les Commando déjà commercialisées à cette époque, mais monté droit. Bref, pas très répandu, pas très connu. Cette moto avait déjà tout une histoire, et en arrivant à Grenoble pour la charger dans la camionette de mon pote Gégé qui m’accompagnait pour l’occasion, nous découvrons un cadre quasi nu, un moteur posé dedans, les deux roues, et plusieurs valises de pièces éparses. Pierre, le propriétaire, avait rentré cette moto bien des années plus tôt, il l’avait vu tourner. Bien des péripéties avait accompagné son acquisition, et il avait prévu de s’en occuper lorsque son métier lui prendrait moins de temps. Puis finalement, s’étant rendu compte que non, que ce n’était plus ce qu’il avait envie de faire, il s’était résolu, un dimanche, à la proposer à qui la voudrait. Mais pour que la transaction se fasse, il fallait perpétuer un engagement que Pierre avait pris lui même, de faire tourner à nouveau cette moto. |
![]() |
| Ce jour là, je donnai donc ma parole, je m’occuperai de faire en sorte que tout ce dont on avait rempli l’arrière de la camionette, qui faisait vaguement penser à un véhicule à deux roues, et à moteur à explosion, redevienne un jour une belle moto, qui tourne.
L’affaire réglée, les papiers en poche, de retour chez moi, je devais trouver par quel bout commencer. J’avais bien quelques potes, ici et là en France, qui avaient déjà des motos de ce type, mais je me rendrai vite compte, à l’usage, que d’une part ce n’était pas des potes, mais des connaissances, nuance, et d’autre part, qu’entrer en possession de ce tas de pièces, n’allait pas déclencher leur enthousiasme, mais tout l’inverse, aujourd’hui je n’ai plus de contact, et tant mieux. |
![]() |
| Le moteur, présenté à un grand spécialiste des Norton à Montreuil sera diagnostiqué comme totalement irrécupérable, culasse martelée, carters dépareillés, soupapes fantasistes, rien à prendre dessus. Bon, je trouve un moteur de Dominator 88 à vendre, je l’achète. Le vendeur me dit “ce moteur a été refait par un “sorcier”, un autre grand spécialiste des anglaises, il l’a fiabilisé. Je repars avec mon moteur, puis je cherche à l’adapter dans le featherbed, de passage chez Cyril, Art of Racer (cf CRmag 51), celui-ci me dit, “je vais te le présenter le “sorcier”, celui qui a refait le moteur que tu as acheté, il te dira ce qu’il te faut comme platines pour le monter dans ton cadre. On nous présente, je raconte mon histoire, j’ouvre mon coffre de bagnole, avec les cartons de pièces, le moteur mort, l’autre, le cadre, les roues, les drôles de trucs… il ne dit rien, m”écoute, regarde tout ça. Et au bout d’un moment me dit : “Hop, apporte moi tout ton merdier chez moi, je vais te la remonter ta bécane si t’es pas pressé, moi je sais faire, toi non, tu vas vite t’en lasser, et tu vas tout laisser tomber, ça va finir à la benne” |
| La voix de la sagesse, il avait vu juste de suite, à partir de cette rencontre, si riche d’un point de vue humain, la moto va reprendre forme, entre les mains d’un homme qui a, en 35 ans de passion pour les motos anglaises, accumulé un savoir unique et irremplaçable, et aussi quelques bonnes pièces qui seront bien utiles à cette resurrection. Le cadre sera donc epoxié, les roues rayonnées de neuf, une selle d’Atlas, en “new old stock”, achetée à l’époque chez Corbeau, un résé gris métalisé, typique des Atlas, des garde-boues de Commando, et pas mal de choses aussi, afin de fiabiliser ce modèle peu aimé, car réputé fragile. En effet, le 750cc identique pratiquement à celui monté dans les cadres isolastic vibrait énormément et la transmission primaire encore avec une chaine simplex (celle du commando passait en triplex) avait bien du mal à supporter la charge des poney shetland en furie de ce moulin tout de même pas mal pèchu. |
![]() |
| Ici notre “sorcier” adaptera un embrayage de Commando, via une chaine duplex de T120 et encore plein de petites choses qui rendent cette moto unique. D’une première rencontre en 2005 avec Pierre, une promesse à tenir, puis cette rencontre avec le “sorcier”, la lente remise en état, jour après jour de cette moto, chaque étape en a fait une vraie aventure humaine. Durant ces années, mon ami Vincent, à qui Barabas dédiait sa chronique du précédent numéro allait lui aussi faire la connaissance de notre homme, et je crois pouvoir dire que cela allait changer sa vie, aujourd’hui 5 machines anciennes remplissent sa remise, et la passion est là également. La moto tourne impeccablement, elle est superbe, nous partons aux journées Coyote à Nogaro avec, et je suis fier d’avoir tenu parole, ça valait le coup. |
![]() |
























































































Le Roubi Steampunk Madness, le socle en acajou est amovible pour aller en boite




















